🦓 Vivre avec un enfant zèbre

On se retrouve aujourd’hui, pour un article beaucoup plus intime que tout ce qu’on vous partage actuellement. Le but du blog était réservé uniquement à nos sorties, voyages et nos tips mais les choses prenant de l’ampleur, nous nous rendons compte que nous pouvons aider également autrement que par de l’inspiration voyage.

Nous allons donc vous parler de notre Méline, 4 ans. Une enfant zèbre, hypersensible qui se bat à nos côtés tous les jours pour apprécier son existence, pour comprendre où elle est tombée et pour l’accompagner dans ce monde bizarre comme le dit souvent.

Quelques définitions :

  • Haut Potentiel Intellectuel (HPI) : Caractéristique individuelle qui désigne les personnes ayant un QI supérieur à la norme, des capacités intellectuelles exceptionnelles dotées le plus souvent d’une hypersensibilité. HPI autrefois appelé « Surdoué ».
  • Personne zèbre : Autre manière de nommer les personnes précoces ou a haut potentiels. C’est avoir une personnalité atypique, une façon de penser et donc d’agir différemment. Le plus souvent avec un sentiment d’être en décalage de la société.
  • Hypersensibilité (HP) : sensibilité plus haute que la moyenne, provisoirement ou durablement, pouvant être vécue avec difficulté par la personne concernée elle-même ou perçue comme « exagérée », voire « extrême », par son entourage.

Non considérées comme des maladies, ces diagnostiques peuvent tout de-même être difficiles à vivre, voir handicapants dans la vie quotidienne, comme c’est le cas de notre Méline.

À quel âge avez-vous commencé à vous poser des questions?

Très tôt, des ses premiers mois de vie, Méline était une enfant qui pleurait plus que la dite « normale », elle déchargeait le soir comme la plupart des enfants après une journée mouvementée, mais deux fois plus intensément, avec des cris, des hurlements impossible à calmer. Elle a commencé les terreurs nocturnes très tôt, environ 8 mois. Elle revivait ses journées, elle était impossible à réveiller et pourtant elle hurlait comme si quelqu’un lui faisait du mal. Toujours besoin d’assurance et de réassurance. On nous a donc conseillé une magnétiseuse qui faisait des miracles sur l’angoisse des enfants. A 9 mois, cette dame qui deviendra par la suite vitale dans notre quotidien, a décelé chez Méline une émotivité hors-norme, une angoisse permanente au point que lorsque la magnétiseuse touchait les mains de Méline, elle allait vomir. Les séances ont fait grand bien, mais Méline, étant une véritable éponge, angoissait de nouveau très rapidement. Elle a ensuite acquis très tôt la propreté (1 an), a parlé rapidement et audiblement sans jamais se tromper dans les syllabes, en conjuguant, nous appelant par nos prénoms.. Jusqu’à ses 18 mois où elle parlait en phrases, comme une adulte, en faisant même de l’humour. Tous les jours, avec Rémi on se regardait et on se disait « c’est normal qu’elle dise des choses comme ça à son age? » « c’est normal qu’elle se souvienne de ça? ». N’ayant pas de comparatif avec d’autres enfants du même âge, on a discuté avec son médecin traitant de lui faire consulter un pédopsychiatre pour une très forte sensibilité accompagnée d’une précocité et d’une très grande mémoire. (Exemples : Méline a 4 ans et 3 mois aujourd’hui, elle se rappelle pour le moment encore de détails de son voyage au Mexique où elle avait 8 mois, comme le voyage dans sa nacelle, du fait qu’on lui avait créé un parc dans le sable pour ne pas qu’elle en mange, qu’elle avait peur de l’eau là-bas. Ou encore à l’aéroport de Fuerteventura, à 2 ans et demi elle se souvenait d’où se situaient les toilettes à l’autre bout du terminal alors qu’elle les avaient vu la dernière fois à ses 18 mois et plein de détails de ce genre, des rues quand on passe en voiture, comme quand, à 12 mois elle est allée chez une dame avec sa grand-mère acheter une chaise haute, aujourd’hui quand on passe devant elle nous redit qu’elle est venue ici acheter une chaise avec sa mamie quand elle était petite…)

Comment avez-vous su que Méline était HPI?

Lors d’un premier rendez-vous pédopsychiatre à 18 mois, le médecin a lu le compte rendu du médecin traitant, poser des dizaines de questions, observer Méline jouer et me parler. Il n’a pas posé de diagnostique tout de suite mais il supposait un HPI, il nous a dit qu’il voulait nous revoir régulièrement, qu’on parle des difficultés de gérer les crises d’angoisses, nous aider à les appréhender, les désamorcer avec des techniques, des détails et il voulait surtout la revoir régulièrement pour que Méline lui accorde sa confiance et accepte de discuter avec lui. (Méline a un rapport très compliqué avec les hommes, depuis toujours. Elle a aucune confiance en un homme autre que sa famille proche). Les mois passaient et on enchaînait entre magnétiseuse et pédopsychiatre, jusqu’à ses 2 ans et demi. A deux ans et demi, le médecin a posé le diagnostique et nous a demandé si vous voulions la tester. Des premiers tests basiques, non fiables à 100% et moins précis que ceux des 6 ans et de voir une psychomotricienne pour un bilan de la gestion des émotions.

Juste avant l’entrée à l’école, Méline a donc commencé les séances chez la psychomot avec des jeux de rôles pour l’entraîner à réagir mieux, différemment, parler de ses émotions et faire de la relaxation et de la sophrologie pour la détendre. Elle a aussi commencé les rendez-vous chez une psychologue spécialisée dans la douance afin de passer le test « WPPSI IV » qui a révélé un haut potentiel intellectuel. Sachez que ces professionnels de santé, à l’exception du pédopsychiatre, sont payants et mal remboursés par les mutuelles (sauf la Pro-BTP, que nous avons et qui nous sauve financièrement pour les consultations..) et que les tests également sont payants et très onéreux.. Mais la bonne nouvelle est que bientôt les consultations chez un psychologue seront pris en charge à partir de 3 ans par la sécurité sociale.

Mon enfant est hypersensible, est-il surdoué ?

Non pas forcément, tous les enfants hypersensibles ne sont pas HPI, mais quasiment (sauf exception qui confirme la règle..) tous les HPI sont hypersensibles.

Tous les enfants HPI vivent mal dans leurs peaux ?

Pas du tout, certains enfants gèrent mieux leurs émotions que d’autres, d’autres supportent très bien la foule, le bruit, vivent très bien en communauté et arrivent à contenir leurs angoisses.

A quel âge peut-on diagnostiquer un haut potentiel ?

A partir de 2 ans et demi et toute la vie. Les choses se démocratisent enfin mais jusqu’ici, la France est très mauvaise élève, 8 personnes HPI sur 10 ne sont pas décelés ! Souvent considérés désintéressé par l’école ou turbulents ou hyper-actifs ou encore timides alors qu’en fait ils sont « simplement » haut potentiel et pas prit en charge depuis toutes ces années. Si vous avez le moindre doute, n’hésitez pas à vous rapprocher des professionnels cités au dessus, avec un courrier d’un médecin traitant pour rendre la chose plus crédible et parfois écourter les délais d’attente.

A titre d’exemple personnel, le frère de Rémi s’est toute sa vie senti en décalage, désintéressé de l’école, incapable de rester dans un groupe, de supporter la foule, de faire du sport et à l’âge adulte incapable de se mettre en couple durablement avec quelqu’un, aimant être seul, changeant souvent de travail.. Puis Méline est née. Tout de suite, l’alchimie s’est faite entre eux au point que lorsqu’ils étaient et sont réunis plus rien ne compte autour d’eux. Ils sont connectés. Une relation particulière et incompréhensible pour nous. Puis à 40 ans, il a décidé de se faire tester et le verdict est tombé en même temps que celui de Méline, ce sont deux HPI. Les HPI s’attirent comme des aimants, même sans se connaître. Le frère de Rémi a enfin comprit, si je reprends ses mots  » à 40 ans, je sais enfin pourquoi je trouve les gens autour de moi bizarres… » On fait tout pour que Méline soit capable d’aimer l’école, y trouve un intérêt, soit capable de vivre en société, capable de faire et de garder un travail, qu’elle soit à l’aise et la plus heureuse possible.

Des écoles existent-elles pour des enfants comme cela ?

En France, on est tellement en retard sur le sujet… il existe très peu de lieux, d’écoles. Et finalement, si on tombe sur des instituteurs à l’écoute, qui acceptent de travailler en collaboration avec les professionnels de santé, il n’y a pas forcément besoin d’école spécialisée. Le tout est de mettre l’enfant dans un endroit où il se sent bien, comme en école Montessori par exemple, avec une approche différente, des petits groupes, des classes plus petites, plus de personnel et où on respecte, où on a le temps de respecter le rythme de l’enfant. Je parle de Montessori puisque c’est ce qu’on connait, mais des écoles privées (la plupart du temps) avec de petits effectifs par classe et a double ou triple niveaux pour laisser l’enfant progresser à son rythme font tout à fait l’affaire. Montessori est une très bonne alternative mais très coûteuse (compter au minimum 500€ par mois hors frais de cantine et garderie, cela peut-être bien plus chers selon les villes..)

Comment aider son enfant HPI ?

C’est difficile, notre quotidien est rythmé par les pleurs, les angoisses et les humeurs de Méline. Son cerveau va plus vite que le nôtre, et même nous parfois, sommes en décalage avec elle. Elle a une soif d’apprendre inépuisable, des milliers de questions par jour, un besoin de comprendre et d’anticiper tout son quotidien afin de se préparer. On parle énormément, on explique tout, dans les moindres détails, on anticipe tout ce qu’on peut, on désamorce les conflits, on essaie autant que possible de rester calmes et de ne pas hausser le ton, sinon c’est double hurlements, double angoisse et des jours à s’en remettre à nous dire « vous m’avez crier dessus et j’ai peur ». Méline a, tout le temps peur, elle n’est que rarement à l’aise. C’est à intégrer et on l’accompagne. On crée une routine, des automatismes à heures fixes pour qu’elle ait des repères et dès qu’on déroge aux règles c’est la catastrophe. Ecoutez-vous, parlez-vous, allez vers des professionnels compétents, changez-en si vous, votre enfant n’êtes pas à l’aise avec le professionnel. La vie est semée d’embûches avec un enfant zèbre mais c’est aussi deux fois plus d’amour, de fou-rires, de partages, d’apprentissages, parce que votre enfant fait tout, en mieux, en plus intense. Votre enfant est profondément sincère, partout, tout le temps et vous êtes ses seuls repères, il a une confiance aveugle en vous et qu’en vous. A nous de faire en sorte que son quotidien soit le plus doux possible et de l’accompagner à gérer de plus en plus ses émotions, et puisque lui n’est pas capable d’adaptation, à nous de nous adapter à cet enfant extra-ordinaire dans tous les sens du terme.

PS : Nous parlons uniquement de notre expérience avec Méline, en aucun cas nous faisons de son cas une généralité, chaque HPI est différent, à des particularités différentes et chaque professionnel à des méthodes, des croyances différentes.

A bientôt,

Manon

6 commentaires sur « ðŸ¦“ Vivre avec un enfant zèbre »

  1. Bonjour, je suis très intéressée par l’école Montessori dont vous parlez car ma fille présente les mêmes particularités de l’enfant zebre a priori… mais je ne trouve aucune école de ce type dans notre département ? ( je suis à coté de chouze 😉 ) Merci ! APOLLINE

    J’aime

      1. Déjà il faut être accepter dans l’école c’est sur dossier. Et puis si ça fait trop loin, il faut trouver une petite école privée à l’écoute des besoin et du rythme de l’enfant. 😊
        Ta fille est où en ce moment à l’école ?

        J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :